Promenade automnale

 

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Arpenter quelques grands espaces

Arpenter quelques routes & chemins des Hautes Cévennes…

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« L’espace du Noûn » de Hassan Hamdane

Au Liban, un ouvrage consacré à Mahdi Amel (Hassan Hamdane) vient de paraître. Il a été écrit par Evelyne Hamdane, veuve de cet auteur parfois surnommé « le Gramsci arabe » et qui fut assassiné à Beyrouth (rue d’Alger) dans les années 1980. Docteur en philosophie (université de Lyon), Hassan H. avait vécu et enseigné à Constantine, écrit dans « Révolution Africaine » avant de rentrer au Liban. Je l’ai découvert grâce à Kateb Yacine qui a écrit un très beau texte en son hommage (juste quelques années avant que des intellectuels soient assassinés en Algérie) et à Georges Corm qui le décrivait comme un penseur marxiste de grande qualité (l’un de ses essais traduit en français fut préfacé par G. Labica). Le titre de ce livre signé Evelyne Hamdane dialogue avec la pièce de Kateb, « L’homme aux sandales de caoutchouc ».

Un grand merci à Rita B. !

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Par ailleurs, en plus d’être un militant marxiste, Hassan Hamdan était aussi poète.

Voici quelques extraits tirés de « L’espace du Noûn » (traduit de l’arabe vers le français par Leïla Khatib & Abdellatif Laabi) :

« Sois comme l’eau du fleuve/
et ton trouble me séduira
Je me suis soumis à celle qui a consigné mon désir
Le jour ne retrouve le jour que dans la nuit. »

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 » Le plus beau dans la nuit/
  Une femme dans la nuit/ 
  deux verres  
  et une cigarette. » (…)

« Ne dis pas ce sont les jours/
mais plutôt un rêve qui meurt/
La vie se fane dans le vide de la nuit/
La nuit me cicatrise. » (…)

« Deux verres / une mémoire / le vin du temps »

(Hassan Hamdane tr. par Leïla Khatib & Abdellatif Laabi)

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« Chris Marker. L’homme-monde »

« Chris Marker. L’homme-monde », le catalogue de l’exposition dédiée au cinéaste, qui se tiendra à la Cinémathèque Française du 3 mai au 29 juillet , va paraître fin avril 2018.

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Cet ouvrage a été conçu sous la direction de Christine Van Assche, Raymond Bellour et Jean-Michel Frodon, en collaboration avec Florence Tissot et il est co-édité par Actes Sud, La Cinémathèque française et le Bozar.

Selon l’éditeur, « il réunit  plus de trente textes de spécialistes de l’œuvre de Chris Marker et une riche et inédite iconographie (environ 400 illustrations) principalement issue des collections de la Cinémathèque française. Les auteurs : Nora Alter, Joerg Bader, Raymond Bellour, Bernard Benoliel, Christa Blümlinger, Christophe Chazalon, François Crémieux, Monika Dac, Chris Darke, Florence Delay, Lambert Dousson, Sam DiIorio, Bernard Eisenschitz, Jean-Michel Frodon, Chris Fujiwara, Olivier Hadouchi, Arnaud Lambert, Bamchade Pourvali, Filipa Ramos, Jacques Rancière, Judith Revault d’Allonnes, Catherine Roudé, Paul Sztulman, Thomas Tode, Christine Van Assche et Dork Zabunyan.

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Filmmakers of the World, Unite !

Parution du livre « Filmmakers of the World, Unite ! Forgotten Internationalism, Czechoslovak Film and the Third World » en édition bilingue (en anglais et en tchèque) aux éditions Tranzit de Prague.

L’ouvrage a été dirigé par Tereza Stejskalová et il parcourt, questionne et étudie les liens culturels et politiques entre l’ancienne Tchécoslovaquie et ce qu’on appelait alors le « Tiers-Monde », à travers le cinéma et la notion (pratique et théorique) de solidarité. Les auteurs sont Tereza Stejskalová, Kay Dickinson, Oliver Hadouchi, Daniela Hannová, Alice Lovejoy, et le livre comporte aussi des entretiens avec Tereza Stejskalová, Hafed Bouassida, Piyasiri Gunaratna.

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Dans ma contribution à cet ouvrage, je me suis intéressé au parcours de deux étudiants algériens (Mohammed Lakhdar-Hamina et Boubakar Adjali) qui furent envoyés par le FLN en Tchécoslovaquie au début des années 1960, suite à un accord de coopération, afin d’étudier à la FAMU, l’une des plus célèbres écoles de cinéma dans le monde. Mohammed Lakhdar-Hamina, a tourné ensuite plusieurs longs-métrages remarqués au moment de leur sortie, il a même remporté une Palme d’Or au Festival de Cannes en 1975 pour Chronique des années de braise : ce fut la première fois qu’un cinéaste venu d’Afrique et du monde arabe (& berbère) remporte la Palme d’Or. Boubakar Adjali a combattu l’apartheid en Afrique du Sud, soutenu divers mouvements de libération d’Afrique, d’Asie et du Proche Orient en prenant des photographies, écrivant des articles et en tournant quelques documentaires.

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Et voici le texte de présentation de l’éditeur :

« The Algerian director Mohammed Lakhdar-Hamina (1934) and the recently deceased Syrian director Nabil Maleh (1936–2016) are considered the founding fathers of their national cinematography and key figures in Arab cinematography. Due to their politically engaged and aesthetically unique work, they are also read and recognised internationally. However, there is little acknowledgement of the fact that in the 1960s both studied at FAMU in Prague and that this had a decisive influence on their work. Other distinguished Asian and African directors who studied at FAMU include the Sri Lankan director Piyasiri Gunaratna (1939) and the Tunisian documentarist Hafed Bouassida (1947), as well as dozens of other directors, cameramen and scriptwriters from various countries in Asia, Africa and Latin America.

The bi-lingual publication includes interviews with some of the directors (Hafed Bouassida and Pyasiri Gunaratna), as well as studies of the work of Mohammed Lakhdar-Hamina (by Olivier Hadouchi) and Nabil Maleh (by Kay Dickinson). A more general cultural context is provided via an essay by the Czech researcher Daniela Hannová on Arab students in Czechoslovakia. There is also a text by Alice Lovejoy mapping the trip taken by the Czech New Wave director František Vláčil to China. »

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Triple actu Marc Bruimaud

Après la sortie de Catalpa en 2017, deux autres écrits signés Marc Bruimaud paraissent  ces jours-ci aux éditions Black-Out.

Un « 52 fois JCVD », autour de l’acteur Jean-Claude Van Damme devenu progressivement une sorte de personnage à part entière, entre ses apparitions dans des films ou à la télévision. L’ouvrage (sous forme de plaquette en série limitée) nous offre 52 déclinaisons (52 raisons d’apprécier JCVD et de nous y intéresser), en s’inspirant de l’approche d’un Georges Perec, mais avec la touche Marc B.

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 Le tombeau de Carmilla fait partie d’une constellation, celle des écrits consacrés à des personnages du roman Catalpa. Dans celui-ci, on retrouve immédiatement l’univers romanesque si particulier de l’auteur de Tijuana (voir notre article paru sur notre blog, consacré à quelques ouvrages antérieurs de Marc Bruimaud), qui sait créer des décors évocateurs, des atmosphères et des dialogues expressifs, toujours très dynamiques, en quelques mots à peine.  En conteur avisé et faussement décontracté, il maîtrise très bien l’art du suspense et de la tension dramatique, tout en sachant dépeindre celles et ceux que la société considère parfois comme des « loosers » ou des personnages étranges & hors-normes (Cf. le très émouvant Makolet) avec beaucoup de tendresse, et une bonne dose d’empathie « douce-amère » (qui n’est jamais synonyme de « second degré » altier et condescendant, aux dépends de ses personnages). Le sublime, le beau ne côtoient pas le déchet, le dérisoire et l’incongru, ils sont sans cesse entremêlés. Les éléments incongrus & dérisoires en apparence, ne constitueraient-ils pas, en réalité, la saveur sucrée, délicieuse et/ou le piquant, le sel de la vie ? Un autre regard sur l’existence, avec ses bifurcations, ses réussites et ses naufrages. Avec ses personnages, de crooners débutants ou de star(lettes) sur le retour, ses rêves bigger than life qui côtoient les désagréments du quotidien, l’auteur tisse et agrandit son univers (doté d’une richesse et d’une cohérence extensibles) de livre en livre, pour notre plus grand plaisir. Rien que pour le prolonger, en ce début d’année 2018, n’hésitons pas à nous plonger dans Catalpa qui débute ainsi :

 » Comme toujours, on buvait des cocktails à la terrasse du Carolco. Le ferry de onze heures pointait à l’horizon, on causait tranquillement en attendant les touristes, Van Loo racontait le tournage  de son dernier nanar (une histoire de tiques géantes), Janek écoutait, sourire aux lèvres, je scrutais la silhouette du bateau dont on commençait à distinguer le bastingage. Janek dit :

– Vous croyez qu’elle va venir ? Elle aussi, c’est bien le genre à se défiler.« 

 

   Play it again, Marc. Play it again, please. On en redemande. Avec un goût de revenez-y…

Une très bonne année 2018 !

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Une excellente année 2018 à mes lectrices & à mes lecteurs !